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Marc-Léopold Peintre

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Chez Marc-Léopold (peintures et textes)

Photo 1 of 43
April 12

Bébé Pascal

Bébé Pascal
 
 
 
Huile 8 pouces  X10 pouces (non disponible)
March 21

Shalom !

 Israël et son mur

 

 

 

Mur de séparation , mur de sécurité, mur de Fer. Frontière visible où l’homme se coupe de l’homme.

 

L’inhumanité toujours justifiée par la peur de l’autre, du contrôle de l’autre, de la méfiance de l’autre.

 

Guillotine du territoire qui tranche le champ, tranche la terre, tranche la vie.

 

Béton armé, promesse d’une vie sécurisée, sans danger, sans soucis où la branche de l’olivier n’est plus portée par  le vol de la colombe.

 

Apartheid  orchestré, justifié, financé mais ignoré par le reste de l’humanité.

 

Shalom ! La paix, pour qui et à quel prix ?

 

 

 

 

 

 

February 15

O2

   O2
 
Huile 20 pouces X 24 pouces
 
Cette toile m'a été inspirée par une photo prise par Sandrine. C'est elle sur cette toile. Vous pouvez visiter son site au http://foulkancali.spaces.live.com/
 
Elle souffre de mucoviscidose une maladie héréditaire. Voir: http://www.vaincrelamuco.org/
 
Sandrine se branche avec un appareil pour l'aider dans sa maladie. Je ne m'aventure pas à exliquer comment il fonctionne. C'est son cordon ombilical. 
 
Je remercie Sandrine de m'avoir donné la permission d'utiliser une de ses photos pour cette création.
 
Je vais changer la photo la semaine prochaine parce qu'elle n'est pas sèche. On voit encore des cous de pinceau.Il me reste quelques étoiles à mettre. Vous pouvez sans crainte laisser vos commentaires. C'est toujours décevant de voir les photos de mes toiles. Elles sont toujours plus fade.
 
 
 
February 01

Désert de sel

 Désert de sel
 
La vie rigoureuse au soleil, dans des zones désertiques, creuse de profonds cratères dans le visage de l'homme.
 
January 25

Tango

Tango
 
De jeune amoureux dansant dans l'abandon des sens.
January 02

La dame aux bonbons

Ce texte a été inspiré par plusieurs événements dans ma vie et beaucoup d'imagination. PS. Je n'ai pas d'accent grave pour le U.
 

La dame aux bonbons

 

Tous les vendredis de mes 6 ans, à l’heure du midi, je courais vite voir mon père, gérant de la banque de Montréal dans une petite localité nommée Ste-Agathe-des-Monts dans les Laurentides. Roi des lieux, j’entrais dans le bureau de mon père sans me soucier des clients qui tentaient de convaincre mon paternel de leur prêter des sommes d’argent.

 

Mince, aux côtes saillantes, culottes courtes, cheveux en brosse, le sac à dos bien pendant aux fesses, je venais réclamer mon dû. J’avais droit à une allocation hebdomadaire de cinq sous. Devant les clients amusés, mon père me faisait un petit rituel bancaire pour bien me montrer le rouage de la haute finance. J’avais à signer un bordereau de retrait pour officialiser le tout.

 

Je tendais la main impatiemment pour qu’on y pose la pièce nickelée arborant l’effigie de la reine d’Angleterre.  Malgré sa petite valeur, je sens encore la lourdeur de la pièce dans la paume de ma main.

 

Enrichi, je partais à toute vitesse. Les grandes portes vitrées de la banque s’ouvraient avec douleur sous mon coup de pied et d’épaule. J’étais au centre-ville de cette petite communauté construite au pied des montagnes Laurentiennes. Le trafic bourdonnait à cette heure de la journée. L’effervescence était toujours à son maximum  puisque c’était l’heure de pointe pour les commerces.

 

Je me souciais peu de cette cohue. Mon esprit était fixé sur mon objectif. Je me dirigeais, telle une abeille ouvrière à la ruche dans une petite épicerie en dehors du centre ville. On y vendait entre autre des paquets de quatre cartes de hockey avec une palette  sèche de gomme à mâcher rose.

 

Je collectionnais ces cartes ou l’on voyait des hockeyeurs, debout sur la glace, le bâton d’hockey posé à angle devant une rondelle  inerte. Les cartes étaient imprimées sur du carton glacé de couleurs éclatantes. Une mince couche de poudre rose, provenant de la gomme, recouvrait chaque carte lorsqu’on les déballait. À l’endos, on retrouvait toutes les statistiques du joueur. Je ne les ai jamais lu.

 

En entrant dans l’épicerie, une petite clochette sonnait l’arrivée ou la sortie de la clientèle. Je me dirigeais directement au comptoir vitré à bonbons. Il dépassait ma tête de quelques centimètres. Je collais mes doigts et mon front dans la vitre pour examiner l’ensemble coloré que formait cette œuvre bonbonnière digne de Monet.

 

Les yeux ronds, j’identifiais la boîte qui contenait les petits paquets de cartes. Je devais attendre souvent que la propriétaire me voit ou daigne me servir. Les clients à cinq sous passaient les derniers dans ce commerce jusqu’au jour ou cette merveilleuse femme fut embauchée.

 

Elle avait les cheveux bruns foncés qui  caressaient ses épaules. Elle y passait souvent ses doigts. Il me semblait les voir flotter dans les airs tellement je les trouvais magiques. Elle riait avec la clientèle. Ses dents  blanches comme la neige illuminaient son visage. Elle était d’une beauté qui semblait effacer la présence de toutes les clientes de l’épicerie.

 

Elle m’observait, le cou étiré, tentant d’attirer l’attention de la propriétaire. J’étais très timide. Je n’osais pas parler. Elle s’approcha et me fit du « Monsieur désire quelque chose ? ». Son sourire me creva le cœur. J’aurais voulu lui faire un câlin amoureux d’un jeune de six ans. Ce genre de câlin ou l’on sent tout l’amour d’un enfant.

 

Le visage rougi, je lui pointa les cartes et je tendis timidement ma pièce de monnaie.

 

Attendrie, elle glissa la porte du comptoir et pris au hasard un des paquets, mais avant de fermer, elle me sourit et appliqua son index sur ses lèvres et me fit « shuutttt !! ». L’air espiègle, les yeux arrondis, le sourire complice, les épaules se soulevant, elle prit une poignée de bonbons au miel, emballés dans un merveilleux papier doré. Secrètement, elle déposa le tout dans un sac de papier brun et elle replia les rebords délicatement en me tendant, en échange de ma pièce de monnaie, le trésor qu’elle m’offrait.

 

Paralysé par l’étonnement, les yeux scintillants, je n’osais pas prendre le sac. Elle me regarda avec son grand sourire, la main cachant son fou rire, elle me mit le sac dans la main et me fit signe du bout des doigts de déguerpir au plus vite.

 

Tel un voleur, je pris le magot et je courus vers la sortie.

 

Une fois dans la rue je suis revins regarder à travers la vitrine cette femme merveilleuse.

 

Je ne l’ai jamais revu, mais j’ai conservé soigneusement plié dans ma boîte à souvenir, une ancienne boîte à cigares pharaons, chacun des papiers dorés des bonbons qu’elle m’avait donnés. Lorsque je tombe accidentellement sur cette boîte, je redécouvre ce moment magique de pur bonheur ou cette femme alluma en moi l’étincelle de mon premier amour.

 
 
 
 
December 13

L'effeuilleuse

Parée de ses atours enflammés, elle séduit qui veut bien la regarder..

 

À l'été de sa vie, généreuse de son nectar, elle sème ses graines au son du bourdonnement des ailes de butineuses affairées.

 

L’automne venu, pétale après pétale, délicatement,  l’effeuilleuse perd ses apparats.

 

Dénudée de sa robe estivale, la fleur s’étiole et s'abandonne pour offrir les fruits de ses passions.
 
 
 
 
November 15

Elle

 

 

Note de l'auteur: Je sors des boules à mites ce vieux texte qui date de quelques années. Je l'ai retravaillé. Ne voyez aucune référence à quelque évènement que se soit..

 

 

ELLE:

 

Assise à l’Indienne, dans cette grotte qu’elle affectionne tant, la jeune femme fixe l’horizon de cette mer d’Ulysse qui l’a si souvent maternée.

 

Sa délicate poitrine se soulève au rythme des vagues ondoyantes. Ses pensées se perdent dans une paix intérieure qu’elle n’a jamais vécue.

 

Dans la brise saline, elle reconnaît le réconfort que lui apporte cet homme qu’elle connaît à peine.

 

Sur le bout de ses doigts, elle pose un baiser.  Inspirant profondément, les yeux fermés, elle le souffle au gré des grands vents.

 

De l’autre coté de l’océan, il se pose sur sa nuque. À l’automne de sa vie, l’homme frisonne au contact de la fraîcheur du sentiment.

 

Envoûté, fixant l’horizon dans la direction des vieux pays, il se met à rêver.

 

Ce soir là, dans le jardin de l’amour, là ou le temps ne compte plus,  là ou l’espace intemporel permet la rencontre des amours interdits, deux corps s’entrelacent.

 

 

 

(Désolé, je n'ai pas d'accent grave sur le 'u' avec le clavier de mon portable)

November 09

Mes amis

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Voici mes amis . De gauche à droite: Sylvie, Marc, Éric, Carole, Martine, Magalie, Gilles.
 
Ils sont très précieux dans ma vie. Ils sont mes collègues dans le mouvement des Établissement Verts Brundtland. Disons le ...sans eux....je ne serais pas qui je suis aujourd'hui.
 
Ils ont des coeurs gros comme la terre.
 
 
 
 
 
 
October 30

Pour ma fille

Huchh huchhh baby don’t cry

 

Laisse moi sécher tes chaudes larmes .

Le long de tes joues rougies elles coulent sans fin.

J’entends ton cœur battre à travers ton souffle saccadé.

Laisse papa te réconforter.

Pleure pleure mon amour adoré.

Un jour, se sera moi qui pleurerai de ne plus pouvoir te consoler.

October 26

Dernières photos des travaux

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Vue arrière
 
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Vue avant
 
C'est une journée très triste aujourd'hui tout comme hier d'ailleurs. La pluie est abondante. C'est l'automne et dans quelques jours le tout va se transformer en neige. Je tourne en rond dans la maison et je visite quelques blogs. J'ai fait de belles découvertes chez de jeunes artistes photographes du Québec. Je vais mettre des liens. Lilou si tu as une chance vas les voir. Elles ont photographié le jardin botanique de Montréal. C'est très réussi.
 
J'ai découvert aussi Sylemoi qui est artiste peintre. Ses femmes sont très sensuelles. Cela fait un moment que j'admire ses toiles.
 
Y a plein d'autres artsites que j'aime visiter. Les médiums sont différents. De l'infographie à la peinture à l'huile en passant par l'aquarelle.
 
Je ne vous embêterai plus avec mes travaux. Je voulais vous montrer le résultat extérieur final. Il reste à finir l'intérieur mais cela ira dans un an.
 
Je n'ai pas tellement le goût de sortir mes pinceaux. La maison est à l'envers et je dois classer le tout.
 
 
Bisous,
 
Marc-Léopold
 
 
 
 
 
 
October 12

Vernisage: Centre d'art de Richmond

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Voici la salle d’exposition.

 

Il y a eu très peu de gens au vernissage mais j’ai eu la visite de mes amis.

 

J’aimerais dire à Nicole, qui m’encourage depuis de début, d’être venue me voir avec son mari Yvon, sa sœur Cécile et sa fille Eaudrey. J’ai peint d’ailleurs Eaudrey.

 

Nicole m’a donné un livre sur les pensées de Léonard de Vinci. Sans le savoir, elle m’a donné un livre sur un personnage dont la grandeur m’a toujours fascinée. J’ai depuis l’âge de 12 ans, un livre de chevet sur Da Vinci.  C’est une immense livre d’art en couleur qui relate les grandes œuvres de ce monstre de l’histoire. J’ajoute donc les pensées de ce dernier au livre de ces œuvres.

 

Nicole, m’a ouvert une fenêtre sur la foire champêtre de sa ville à deux reprises. Elle m’a convaincu de pousser mes tableaux auprès de la centrale des syndicats du Québec pour permettre une  aide financière à la Fondation Monique Fitz-Back.

 

De cette campagne de financement, plein de belles ouvertures se sont présentées et surtout…. La découverte de belles personnes …..

 Alors, merci..merci..Nicole.

September 27

Elle et lui..

Tourbillonnant dans le sciage du vent, des feuilles d’automne coulent le long de ses épaules, tachant son corps de rouge, de jaune et de vert.

 

Inspirant profondément l’air frais du norrois, une larme glisse lentement sur ses joues rosies.

 

Le temps d’un battement d’ailes, ses yeux se plissent aux caresses des rayons du soleil d’octobre.

 

L’œil étincelant, elle m’enveloppe de son regard.

 

Moment enchanté, je fond dans le creux de son épaule.

 Tendrement couchées sur sa nuque, mes lèvres déposent un baisé.

May 17

Tranche de vie

Entre deux commerces, de petites flaques d’eau couvraient le terrain vague. L’herbe séchée de l’été passé vibrait à chaque bourrasque de vent le long des murs en blocs de béton.

 

Les trottoirs de la rue principale, parcourus par des passants indifférents, étaient couverts de sable qui avait servi de déglaçant et d’antidérapant  pendant le long hiver.

 

Veste de nylon bleu poudre, calotte en filet blanc à palette large, pantalon de nylon beige, bottes  de caoutchouc vert olive, le clochard marchait tête baissée. La cigarette non entamée au bec, ses yeux cherchaient attentivement. Tel un chien de chasse, ses épaules ondulaient de droite à gauche furetant de son regard le bord du trottoir.

 

Il se penchait de temps en temps et cueillait au passage de petits cylindres blancs. Il les examinait et les mettait dans sa poche.

 

Je ralentis ma marche pour prendre le temps d’observer le collecteur.

 

Se relevant droit comme une barre, il fit demi-tour sur place et entreprit une marche militaire. Chaque pas rythmé était accentué par le bruit caoutchouté de ses larges bottes de pluie. Son corps sautillait et ses bras oscillaient comme un pendule le long de son corps. S’éloignant de moi, j’imaginai qu’il repartait avec son régiment imaginaire à sa caserne. Tout d’un coup, il laissa échapper haut et fort un cri victorieux. Il se pencha pour cueillir un nouveau mégot de cigarette.

 

Il ne prit pas le temps de l’examiner car la longueur était satisfaisante. Il retira de ses lèvres la cigarette neuve et la remplaça par le bout de cigarette trouvé sur la gravelle humide.

 

Créant un écran de la main gauche pour couper le vent, il actionna son briquet de la main droite.

 

Il  inspira profondément la fumée.

 

Satisfait, il examina le mégot qu’il tenait entre l’index et le majeur.

 

Mécaniquement, il remit dans sa poche, pleine de sa collecte journalière, la cigarette intacte qu’il savourera le plus tard possible.

 

En cadence, il reprit sa marche caoutchouteuse le long de la principale.

 

Marc-Léopold

March 22

La passion

Une caresse glisse le long de ses sourcils.

 

Le souffle court, les yeux fermés, elle savoure.

 

Sa nuque cambrée, la bouche entrouverte, le désire gonfle sa poitrine.

 

Du bout de la langue, elle humecte délicatement ses lèvres.

 

Dans une étreinte effrénée ou les mains explorent, le baisé se consume.

 

La passion se déchaîne, le cœur chavire, le couple s’entrelace.

 

Dans l’abandon,  l’émotion se peint dans leurs visages.

 

Marc-Léopold

February 05

Les masques

Je suis en train de faire une série de toiles à l'huile dont le thème est "Les masques".

 

Je m'inspire en ce moment de masques de Venise. La toile "Médecin de la peste" est une création qui personnifie un médecin entre le 10 et le 15 ième siècle. À cette époque les médecins portaient des masques à long nez. Le nez contenait des épices de Provence pour atténuer les odeurs des plaies purulentes et de l’odeur des corps en décomposition.
 
Marc Léopold
December 09

Sommeil interrompu...

Sorti d’un demi-sommeil, les yeux fermés, habité par  la musique qui joue, l’homme se met à danser en claquant des doigts.

 

Il retrouve ses vingt ans. 

 

Un léger sourire se dessine sur ses lèvres.

 

Plus aucun souci ne l’habite.

 

Envoûté, son corps suit le rythme.

 

Doucement, l’euphorie prend place.

 

Ses bras ballottent dans le vide, les pieds glissent sur le sol, le haut du corps se penche d’avant en arrière et la tête versée vers l’arrière balance comme un ressort.

 

Sa bouche formule les paroles de la chanson sans laisser sortir de son.

 

Les bras en croix, il tourne très lentement sur lui-même.

 

Son cœur bat à tout rompre.

 

Inévitablement la pièce musicale se termine, les haut-parleurs deviennent silencieux..

 

Comme une statu de sel, l’homme fige sur place, savourant le moment.

 

Quelques secondes passent, une nouvelle chanson reprend.

 

Sur le mur de la chambre à coucher se dessinent les ombres du danseur.
 
Marc-Léopold
November 18

Le cycliste

Il y a plus de trois ans que je vis à temps partiel à Rouyn-Noranda pour mon travail. J’ai de temps en temps à me rendre à notre Caisse pour y faire des transactions bancaires. Je dois donc monter la rue Perreault jusqu’à la rue Principale pour m’y rendre.

 

Au début, je marchais à travers la foule, inconnu de tout le monde. Petit à petit, j’ai commencé à reconnaître des visages.

 

Devant le restaurant « Oeuforie », un « quêteux » assez âgé ou plutôt rongé par la vie, assis sur  une descente d’escalier en ciment, beau temps comme mauvais temps,  tente d’arrêter les passants avec sa demande habituelle : « As-as-as-tu  cinquante souussss ?».C’est un fumeur impénitent avec une toux mortelle qui le gruge à petit feu. On le sent mourant. Il souffre d’une déficience intellectuelle. Il réussit à apitoyer des marcheurs de temps en temps qui lui refilent de la monnaie ou mieux … une cigarette.

 

Je passe mon chemin à tout coup, ne sachant jamais comment réagir. Je me sens incapable de lui donner de l’argent , sachant que cela le précipitera encore plus vite dans son cercueil.

 

Je reconnais maintenant une dame extrêmement ridée, d’une beauté douteuse mais qui n’en doute pas,  aux cheveux longs bouclés teints geais noir et qui passe une bonne partie de sa journée devant un café au restaurant grec du coin. De temps en temps, elle salue des hommes de son âge qui semblent bien la connaître.

 

Mais le personnage qui m’intrigue le plus est l’homme handicapé sur son tricycle, aux yeux bleus et au sourire éclatant, qui louvoie en klaxonnant après les marcheuses et les marcheurs sur le trottoir. Il a sûrement une cinquantaine d’année.  Lorsqu’il réussit à attirer l’attention de quelqu’un, un magnifique sourire se dessine sur son visage et de la tête il salue. Il souffre sûrement d’une dégénérescence musculaire. Sa coordination se fait difficilement. On dirait une marionnette à ficelle qui pédale.

 

Au début, à travers le bruit de circulation, je captais les bruits distinctifs d’un klaxon actionné par une grosse poire de caoutchouc mais je n’arrivais pas à trouver la source du bruit.

 

Avec le temps j’ai enfin pu voir cet athlète à vélo portant un casque, un T-shirt bleu de cycliste avec des imprimés publicitaires et un maillot moulant, se promener et s’obstiner à attirer l’attention de tous les promeneurs. Inlassablement, à tout coup, il salue avec un superbe sourire les passants intrigués qui se retournent au bruit du klaxon.

 

Plusieurs gens l’ignorent ou répondent d’un signe de la tête, toutefois beaucoup de dames se retournent insultées par un tel moyen cavalier de se faire surprendre. J’en ris à chaque fois.

 

Avec les années, j’ai appris à mon tour à le saluer. Au début, j’étais un peu gêné. Maintenant je n’en rate pas une. Nous ne nous sommes jamais parlé. Je ne sais même pas s’il en est capable. Mais ma journée est pleine de chaleur humaine quand j’ai la chance de le croiser.

 

Je sens que sa maladie s’aggrave avec le temps. Il se promène maintenant avec un tricycle électrique. Il semble bien fier de sa nouvelle monture.

 

Depuis septembre, j’ai pris l’habitude de marcher du bureau à mon logement. À ma grande surprise, de l’autre coté de la rue, à mi-chemin, un homme assis à son balcon m’a salué. C’était lui. J’ai eu de la misère à le reconnaître sans son accoutrement. Il demeure donc sur mon chemin.

 

À chaque fois que j’arrive à la hauteur de son appartement, j’espère le voir et être le premier à le saluer de la main.

 

Plusieurs questions me trottent dans la tête. Qui s’occupe de lui ? Est-il capable de parler? Est-ce qu’il demeure seul ? Quelle est sa maladie ?

 

Je me sens maintenant moins inconnu dans cette ville.

 

L’hiver a commencé. Je ne le verrai donc plus d’ici le printemps. C’est un peu triste.

 

C’est fou de voir comment un simple signe de la main peut réconforter.

 

Aujourd’hui, je salue tout le monde de la tête et sans qu’un son sorte de ma bouche, je mime le mot bonjour aux gens que je croise.

 

Marc-Léopold

September 15

Pensée

 

 

Comment apprécier le bonheur si on ne connaît pas le malheur ?

 

 

Marc-Léopold

 

 

  

August 26

Grillon de la nuit..

Grillon de la nuit,  sous les rayons de la lune filtrés par la brume,  ton chant raisonne à m’en faire perdre raison.

 

À chacun de mes mouvements, tu gardes le silence, croyant te protéger de mon hostilité.

 

Tout au contraire, je réussis à te localiser à travers mes boîtes éparpillées.

 

À mon offensive, tu ne peux que bondir pour éviter d’être piétiné.

 

Petit grillon ,  ton chant irritant, ne troublera plus mon sommeil hésitant.

 

Une fois capturé, tu te retrouves sur tes pieds là ou je t’ai expulsé, hors de ma vie au milieu de la nuit.

 

Marc-Léopold

August 24

Sans espoir...

- Pourquoi toute cette colère ?

 

- Hier j’ai vu le dernier arbre de la forêt voisine tombé.

 

- Pourquoi avoir tout coupé ?

 

- Parce qu’ils ne comprennent plus la nature.

 

- Pourquoi ont-ils construit des chemins en mosaïque dans notre forêt ?

 

- Pour que leurs machines puissent circuler. Ils vont déboiser.

 

- Ou irons nous ?

 

L'écureuil regarde tristement son rejeton.

 

- Nous n'avons aucun moyen de fuire.

 

- Nous allons mourir ?

 

Le sang dans les yeux, il enlaça son petit.

 

Marc-Léopold

August 19

Le jugement dernier...

Le jugement dernier

 

Le vent venait de changer de direction. Il était franc Nord aujourd’hui. On sentait le couloir d’air frais qui venait des glaces du pôle Nord. Les nuages voyageaient à vive allure, malgré le calme plat au sol.

 

J’attendais avec impatience le jugement de ma rose. Elle qui avait commis un geste dramatique. Elle avait mis fin à ses jours.

 

La foule était composée de milliers de plantes de partout.

 

Le gratin de la haute société  s’était  placé près de la scène pour ne rien manquer du spectacle. Les faire-valoir se tenaient derrière en espérant un jour être au devant.

 

Derrière la balustrade, les saules pleureurs se prosternaient devant les juges en guise de grande piété. De vraies grenouilles de bénitier ces plantes là !  Ils arboraient leur air de sainteté. C’était sans doute les plus méchants de tous.

 

Les cèdres se plaisaient à faire une grande haie d’honneur pour la mise en accusation.

 

J’étais inquiet, car le jugement du peuple était sévère. J’entendais toutes les médisances. « Quel geste égoïste de se donner la mort ! Elle n’a pensé qu’à elle ! Si jeune ! Si faible! »

 

Pour son crime, je craignais un jugement exemplaire.

 

Dans une charrette tirée par des chevaux, je la voyais flotter à travers  le feuillage des badauds qui espéraient assouvir leur haine.

 

Sa tête couverte de ses merveilleuses pétales blanches regardait le sol. De peine et de misère, elle tenait debout sur sa tige.

 

Elle  pensait avoir enfin quitté ce monde qui l’avait abaissé à une moins que rien. Mais le sort s’acharnait sur elle. Elle devait à nouveau faire face aux mêmes personnes qui l’avaient poussée à en finir.

 

Arrivée à l’immense estrade, ou plusieurs juges attendaient avec indifférence sa plaidoirie, elle gravit lentement les marches. Le bouleau, avec le geste sec d’un bourreau, lui intima de se tenir debout devant ses juges.

 

Le Grand Ébène était le juge suprême. Il était reconnu pour ses décisions controversées.

 

Après les longues cérémonies protocolaires et la lecture de la mise en accusation ,c’était à ma tendre amie d’exposer sa défense.

 

De sa voix frêle, elle commença tremblotante à parler.

 

« Je n’ai jamais rien demandé de plus à la  vie que le respect de  ma différence. J’étais une fleur simple. Je cherchais l’amour de ma vie. On m’a jugé pour mon attitude réservée, raillé pour mon apparence et on s’est servi de moi pour toutes les tâches ingrates. »

 

Regardant la foule, elle cria pour une fois dans sa vie  :

 

« Quand vous n'aviez plus besoin de moi, je n’existais plus.  J’essayais de comprendre l’amour dans un monde ou il n’existait pas d’amour. J’ai finalement mis fin à mes jours lorsque celui que j'aimais m’a  brutalisée  pour son propre plaisir. »

 

Elle se mit à pleurer à chaudes larmes.

 

Un grognement de la foule monta. On ne sentait aucune compassion pour ma fleur. On voulait la châtier.

 

Après une brève délibération, le Grand Ébène se leva et imposa le silence.

 

Il regarda ma rose dans les yeux et pris une grande respiration. De sa voix calme et grave, il parla pour que tout le monde entende.

 

« Vous, demoiselle Rose, vous êtes ici pour être jugée pour un geste inacceptable que vous avez posé. Vous vous êtes suicidée ! »

 

La foule rugissait de bonheur. Le jugement serait sans pitié.

 

D’un seul regard, l’Ébène imposa à nouveau le silence.

 

Il la fixa longtemps sans rien dire.

 

L’atmosphère était lourde.

 

Son regard se transforma. Ses yeux s'arrondirent et un sourire très doux se dessina sur son visage.

 

« Ma jeune fleur…. La justice doit être appliquée. La justice en ce moment doit réparer une injustice que vous avez subie.

 

Votre grand cœur, votre incapacité d’être méchante envers les gens, votre grand désir de vivre de hautes valeurs que personne n’a voulu reconnaître, et surtout le mal que l’on vous a fait en ne respectant pas votre amour, je vous condamne à vivre dans le jardin de l’amour pour la fin des temps. »

 

La foule resta stupéfaite. Les éclairs dans leurs yeux, le peuple  mitraillait ma jeune amie.

 

L’Ébène imposa encore le silence.

 

La colère dans le visage il discoura :

 

« Toutes vos consœurs qui ont subi la même injustice sur cette terre ont dans mon cœur une place privilégiée. On vous a volé votre vie. En guise de compensation, vous serez maintenant heureuse sous la protection du grand être suprême. Vous tous , les sans noms, je vous somme de vous taire et de respecter ceux qui ont souffert. »

 

Ma rose rayonnait. Elle me regarda du coin de l’œil, le cœur battant.  Elle fut escortée avec grande déférence vers son paradis tant mérité.

 

Ce jour là, je fis la paix intérieurement.

 

 

Marc-Léopold

  

August 05

Le chêne et la rose

 

 

Un vieux chêne, las de la monotonie de la vie, régnait depuis des lunes dans une immense clairière. Son dense feuillage ne permettait plus aux plantes de germer à la base du tronc.

 

Seule les marguerites autour lui tenaient compagnie. Comme tout le monde le sait, les marguerites n’ont de plaisir qu’à se regarder entre elles et de se jalouser les unes et les autres. Quelle que soit la prestance de l’arbre, ces dernières ne lui prêtaient aucune attention.

 

Sans but ni joie, il se sentait si seul. Il savait qu’il ne lui restait que quelques années à vivre..

 

Un beau matin de mai, une petite tige commença à se pointer  entre ses racines de surface. Intrigué par cette nouvelle venue, il se pencha pour mieux voir son invitée. Dans cette position, son feuillage augmentait l’écran solaire et coupait encore plus la luminosité

 

À son grand désarroi la jeune tige commença à pâlir.

 

Les jours suivants, il se recula pour ainsi permettre au soleil de faire son œuvre. La plante reprenait des forces. Riche de chlorophylle, la tige arbora, sur la pointe d’une de ses feuilles, un unique bourgeon tout chétif.

 

Pris d’affection par ce petit début de fleur, le chêne commença à se délester de quelques-unes de ses feuilles pour aider sa croissance.

 

Au début de l’été, une magnifique rose blanche s’ouvrit.

 

On voyait bien dans le regard du chêne qu’il l’a trouvait d’une beauté infinie. 

 

Au début les deux échangèrent quelques courtoisies mais ce ne fut pas très long que l’amitié passa à l’affection et de l’affection à l’amour.

 

Le chêne se doutait bien que le plant de sa tendre amie ne survivrait jamais l’hiver à vivre dans un endroit aussi ombragé.

 

Il se dépouilla lentement et progressivement de ses feuilles.

 

À l’automne il n’était que branches.

 

Le rosier était maintenant fourni  et vert luxuriant. La santé du plant sautait aux yeux.Sa pérennité était assurée.

 

Heureux, le chêne était rassuré.

 

L’été suivant, au milieu d’un champ de marguerites, trônait un grand chêne dénudé de ses feuilles. Plusieurs branches desséchées tapissaient le sol.

 

Un magnifique rosier enlaçait le tronc de l’arbre mort et des centaines de fleurs blanches collaient affectueusement le tronc.

 

 Marc-Léopold

 

 

 

July 30

Foutus mots !!!

Foutus mots !

 

 Éparpillés dans la pièce, ils ne veulent plus s'agencer.

 

« Radin » se sauve de « Partage » et « Haine » se moque d’« Amour ».

 

En fanfare , « Do » part la musique et « Crescendo » retient « Tintamarre ». Comme toujours, « Antagoniste » s’oppose.

 

Je les entends tous hurler les uns contre les autres..

 

« Virgule » prend à parti  « Interrogation » qui confronte « Amoureuse » et « Gigolo ».

 

« Impatience » m’irrite.

 

 « Curieux » examine « Timide » et « Bataille » se met à les bousculer.

 

« Exaspération » se lève et invective « Brouhaha ».

 

À bout, je sens « Folie » m’entraîner.

 

Finalement « Balaie » les houspille et les chasse au dictionnaire.

 

Imagination ! Reviens-moi…. 

 

 
July 27

Rencontre dans le parc

 

 

Cinquième journée à la voir se balader dans ce parc que je considère le mien.

 

Jeune, blonde ou plutôt châtain, teint pâle, yeux bleus, le regard au loin, elle marche le long du sentier sans me regarder.

 

Au premier coup d’œil, j’ai ressenti pour elle des sentiments que j’explique difficilement.

 

La lutte contre la montre, pour éviter d’atteindre mon âge vénérable, ne fait pas de moi un hédoniste bien racé et pourtant je me sens beau devant elle.

 

Ne pouvant me retenir, je pars à courir bêtement dans sa direction.

 

De mon air le plus tendre, je me place devant elle pour lui soutirer un petit sourire. Enjoué, je penche ma tête de coté en fixant ses yeux perçants.

 

À ma grande surprise, elle semble amuser par ma présence, mais en même temps je dirais impressionner par ma prestance.

 

L’éclair dans ses yeux traduit un sentiment plus profond.

 

N’écoutant que mon courage, j’approche mon visage du sien au point ou je sens  clairement son parfum printanier.

 

Au loin, j’entends  un cri.

 

Un sifflement, traduisant un sentiment de panique, transperce l’espace.

 

Ma jeune amie dresse la tête en direction de l’appel.

 

À la vitesse de l’éclair, aussi légère que l’air, la jeune « Golden Retriever » reprend le pas au coté de son maître.

 

Désillusionné, je m’assoie piteux, la tête basse, laissant mes oreilles  pendre de chaque coté de mon museau.

 Quelle vie de chien !