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Chez Marc-Léopold (peintures et textes)
August 11 Un voisin indésirable
Quand vos voisins deviennent envahissant que faire ?
Ce porc-épic est venu à la porte patio pour demander une tasse de sucre. Il désire faire une tarte aux écorces de pin gris. Autrement dit, il bouffe mes arbres dans ma plantation.
Comme vous pouvez constater, il est sans gêne. Il est parti à vitesse grand V, après lui avoir ordonner de quitter les lieux. Il a poussé l'insulte à nous montrer ses pics. J’ai chronométré une pointe de 0,000002km/heure. Mais voilà, il c’est stationné dans le haut d’un de mes arbres et a décidé de grignoter quelques branches avant de retourner chez lui.
Voici la vue de ma salle à dîner. August 07 Expo maisonJ'ai commencé à encadrer mes toiles pour l'exposition. Elles sont acrochées dans la cuisine pour qu'elles ne ramassent pas de poussière sur le plancher.
C'est la période des framboises et des bleuets. Voici la récolte de l'après-midi de mon épouse. Les framboises proviennent du jardin et les bleuets sont à 10 mètres du chalet au bord de notre plantation de pins gris.
Marc-Léopold August 05 Notre marmotte
Voici ma petite emmerdeuse. Cette marmotte vient se prélasser sur ma terrasse lorsqu’il fait soleil. Elle vient manger, matin et soir, son repas préféré; le chiendent. Mais ce qui m’embête le plus c’est qu’elle (ou peut-être il parce que je n’ai pas pu vérifier) creuse sous tout ce qui peut-être en contact avec le sol. Rien n’y fait pour s’en débarrasser; boules à mites, bruit de moteur, hurler après.
Le piège que j’ai acheté pour la capturer vivante ne sert strictement à rien. Bananes, laitue, pommes ne l’attirent même pas.
Alors j’ai décidé de l’adopter. La voilà dans sa pose préférée. Elle me regarde avec ses beaux yeux et elle ne me fait même pas le plaisir de montrer une peur quelconque.
Vous avez un nom à me suggérer ?
July 29 Exposition SOLO oct-nov 2008Je viens d’apprendre que j’ai été sélectionné pour faire une exposition SOLO au centre d’art de Richmond près de Sherbrooke entre le 11 octobre 2008 et le 8 novembre 2008. http://www.centredartderichmond.ca/index.htm
Cette sélection me touche d’autant plus que je n’avais fait aucune demande. J’ai été choisi parmi une trentaine d’artistes. Ce genre de reconnaissance est vraiment motivant.
J’aimerais souligner que je dois cette reconnaissance à plusieurs personnes qui me supportent depuis des années. Je vais nommer quelques personnes en sachant que je vais sûrement en oublier. Je m’en excuse d’avance.
Gisèle mon épouse et ma fille Ariane qui n’ont que de bons mots pour ce que je fais. Véro qui est toujours là pour m’encourager sur mon blog et me dire ce qu’elle pense de mes tableaux. Karo-Carole qui en fait autant. Fleur-de-Bleuet qui a tellement cru en mes capacités qu’elle a acheté mes premiers pinceaux neufs. Guylaine pour m’avoir fourni des informations sur les différents endroits à exposer. Nicole qui m’a réservé mon premier kiosque à la foire champêtre de Princeville et a donné l’idée à la CSQ d’ouvrir ses portes à des artistes dont moi. Sylvie, ma peintre alter ego, qui me supporte même si certains sujets la heurtent. Chantal pour m’avoir inspiré à peindre suite à ses propres expositions. Martine(ma doudou), Sonya(ma première cliente), Pascalou(Pachrimaco), Marie et toutes les autres.
Oui je sais, je n’ai que des femmes dans ma liste. L’art n’est-il que féminin ? lol
Je suis content.
Marc-Léopold July 02 Début des travauxMay 17 Tranche de vieEntre deux commerces, de petites flaques d’eau couvraient le terrain vague. L’herbe séchée de l’été passé vibrait à chaque bourrasque de vent le long des murs en blocs de béton.
Les trottoirs de la rue principale, parcourus par des passants indifférents, étaient couverts de sable qui avait servi de déglaçant et d’antidérapant pendant le long hiver.
Veste de nylon bleu poudre, calotte en filet blanc à palette large, pantalon de nylon beige, bottes de caoutchouc vert olive, le clochard marchait tête baissée. La cigarette non entamée au bec, ses yeux cherchaient attentivement. Tel un chien de chasse, ses épaules ondulaient de droite à gauche furetant de son regard le bord du trottoir.
Il se penchait de temps en temps et cueillait au passage de petits cylindres blancs. Il les examinait et les mettait dans sa poche.
Je ralentis ma marche pour prendre le temps d’observer le collecteur.
Se relevant droit comme une barre, il fit demi-tour sur place et entreprit une marche militaire. Chaque pas rythmé était accentué par le bruit caoutchouté de ses larges bottes de pluie. Son corps sautillait et ses bras oscillaient comme un pendule le long de son corps. S’éloignant de moi, j’imaginai qu’il repartait avec son régiment imaginaire à sa caserne. Tout d’un coup, il laissa échapper haut et fort un cri victorieux. Il se pencha pour cueillir un nouveau mégot de cigarette.
Il ne prit pas le temps de l’examiner car la longueur était satisfaisante. Il retira de ses lèvres la cigarette neuve et la remplaça par le bout de cigarette trouvé sur la gravelle humide.
Créant un écran de la main gauche pour couper le vent, il actionna son briquet de la main droite.
Il inspira profondément la fumée.
Satisfait, il examina le mégot qu’il tenait entre l’index et le majeur.
Mécaniquement, il remit dans sa poche, pleine de sa collecte journalière, la cigarette intacte qu’il savourera le plus tard possible.
En cadence, il reprit sa marche caoutchouteuse le long de la principale.
Marc-Léopold March 22 La passionUne caresse glisse le long de ses sourcils.
Le souffle court, les yeux fermés, elle savoure.
Sa nuque cambrée, la bouche entrouverte, le désire gonfle sa poitrine.
Du bout de la langue, elle humecte délicatement ses lèvres.
Dans une étreinte effrénée ou les mains explorent, le baisé se consume.
La passion se déchaîne, le cœur chavire, le couple s’entrelace.
Dans l’abandon, l’émotion se peint dans leurs visages.
Marc-Léopold February 05 Les masquesJe suis en train de faire une série de toiles à l'huile dont le thème est "Les masques".
Marc Léopold December 09 Sommeil interrompu...Sorti d’un demi-sommeil, les yeux fermés, habité par la musique qui joue, l’homme se met à danser en claquant des doigts.
Il retrouve ses vingt ans.
Un léger sourire se dessine sur ses lèvres.
Plus aucun souci ne l’habite.
Envoûté, son corps suit le rythme.
Doucement, l’euphorie prend place.
Ses bras ballottent dans le vide, les pieds glissent sur le sol, le haut du corps se penche d’avant en arrière et la tête versée vers l’arrière balance comme un ressort.
Sa bouche formule les paroles de la chanson sans laisser sortir de son.
Les bras en croix, il tourne très lentement sur lui-même.
Son cœur bat à tout rompre.
Inévitablement la pièce musicale se termine, les haut-parleurs deviennent silencieux..
Comme une statu de sel, l’homme fige sur place, savourant le moment.
Quelques secondes passent, une nouvelle chanson reprend.
Sur le mur de la chambre à coucher se dessinent les ombres du danseur.
Marc-Léopold November 18 Le cyclisteIl y a plus de trois ans que je vis à temps partiel à Rouyn-Noranda pour mon travail. J’ai de temps en temps à me rendre à notre Caisse pour y faire des transactions bancaires. Je dois donc monter la rue Perreault jusqu’à la rue Principale pour m’y rendre.
Au début, je marchais à travers la foule, inconnu de tout le monde. Petit à petit, j’ai commencé à reconnaître des visages.
Devant le restaurant « Oeuforie », un « quêteux » assez âgé ou plutôt rongé par la vie, assis sur une descente d’escalier en ciment, beau temps comme mauvais temps, tente d’arrêter les passants avec sa demande habituelle : « As-as-as-tu cinquante souussss ?».C’est un fumeur impénitent avec une toux mortelle qui le gruge à petit feu. On le sent mourant. Il souffre d’une déficience intellectuelle. Il réussit à apitoyer des marcheurs de temps en temps qui lui refilent de la monnaie ou mieux … une cigarette.
Je passe mon chemin à tout coup, ne sachant jamais comment réagir. Je me sens incapable de lui donner de l’argent , sachant que cela le précipitera encore plus vite dans son cercueil.
Je reconnais maintenant une dame extrêmement ridée, d’une beauté douteuse mais qui n’en doute pas, aux cheveux longs bouclés teints geais noir et qui passe une bonne partie de sa journée devant un café au restaurant grec du coin. De temps en temps, elle salue des hommes de son âge qui semblent bien la connaître.
Mais le personnage qui m’intrigue le plus est l’homme handicapé sur son tricycle, aux yeux bleus et au sourire éclatant, qui louvoie en klaxonnant après les marcheuses et les marcheurs sur le trottoir. Il a sûrement une cinquantaine d’année. Lorsqu’il réussit à attirer l’attention de quelqu’un, un magnifique sourire se dessine sur son visage et de la tête il salue. Il souffre sûrement d’une dégénérescence musculaire. Sa coordination se fait difficilement. On dirait une marionnette à ficelle qui pédale.
Au début, à travers le bruit de circulation, je captais les bruits distinctifs d’un klaxon actionné par une grosse poire de caoutchouc mais je n’arrivais pas à trouver la source du bruit.
Avec le temps j’ai enfin pu voir cet athlète à vélo portant un casque, un T-shirt bleu de cycliste avec des imprimés publicitaires et un maillot moulant, se promener et s’obstiner à attirer l’attention de tous les promeneurs. Inlassablement, à tout coup, il salue avec un superbe sourire les passants intrigués qui se retournent au bruit du klaxon.
Plusieurs gens l’ignorent ou répondent d’un signe de la tête, toutefois beaucoup de dames se retournent insultées par un tel moyen cavalier de se faire surprendre. J’en ris à chaque fois.
Avec les années, j’ai appris à mon tour à le saluer. Au début, j’étais un peu gêné. Maintenant je n’en rate pas une. Nous ne nous sommes jamais parlé. Je ne sais même pas s’il en est capable. Mais ma journée est pleine de chaleur humaine quand j’ai la chance de le croiser.
Je sens que sa maladie s’aggrave avec le temps. Il se promène maintenant avec un tricycle électrique. Il semble bien fier de sa nouvelle monture.
Depuis septembre, j’ai pris l’habitude de marcher du bureau à mon logement. À ma grande surprise, de l’autre coté de la rue, à mi-chemin, un homme assis à son balcon m’a salué. C’était lui. J’ai eu de la misère à le reconnaître sans son accoutrement. Il demeure donc sur mon chemin.
À chaque fois que j’arrive à la hauteur de son appartement, j’espère le voir et être le premier à le saluer de la main.
Plusieurs questions me trottent dans la tête. Qui s’occupe de lui ? Est-il capable de parler? Est-ce qu’il demeure seul ? Quelle est sa maladie ?
Je me sens maintenant moins inconnu dans cette ville.
L’hiver a commencé. Je ne le verrai donc plus d’ici le printemps. C’est un peu triste.
C’est fou de voir comment un simple signe de la main peut réconforter.
Aujourd’hui, je salue tout le monde de la tête et sans qu’un son sorte de ma bouche, je mime le mot bonjour aux gens que je croise.
Marc-Léopold August 26 Grillon de la nuit..Grillon de la nuit, sous les rayons de la lune filtrés par la brume, ton chant raisonne à m’en faire perdre raison.
À chacun de mes mouvements, tu gardes le silence, croyant te protéger de mon hostilité.
Tout au contraire, je réussis à te localiser à travers mes boîtes éparpillées.
À mon offensive, tu ne peux que bondir pour éviter d’être piétiné.
Petit grillon , ton chant irritant, ne troublera plus mon sommeil hésitant.
Une fois capturé, tu te retrouves sur tes pieds là ou je t’ai expulsé, hors de ma vie au milieu de la nuit.
Marc-Léopold August 24 Sans espoir...- Pourquoi toute cette colère ?
- Hier j’ai vu le dernier arbre de la forêt voisine tombé.
- Pourquoi avoir tout coupé ?
- Parce qu’ils ne comprennent plus la nature.
- Pourquoi ont-ils construit des chemins en mosaïque dans notre forêt ?
- Pour que leurs machines puissent circuler. Ils vont déboiser.
- Ou irons nous ?
L'écureuil regarde tristement son rejeton.
- Nous n'avons aucun moyen de fuire.
- Nous allons mourir ?
Le sang dans les yeux, il enlaça son petit.
Marc-Léopold August 19 Le jugement dernier...Le jugement dernier
Le vent venait de changer de direction. Il était franc Nord aujourd’hui. On sentait le couloir d’air frais qui venait des glaces du pôle Nord. Les nuages voyageaient à vive allure, malgré le calme plat au sol.
J’attendais avec impatience le jugement de ma rose. Elle qui avait commis un geste dramatique. Elle avait mis fin à ses jours.
La foule était composée de milliers de plantes de partout.
Le gratin de la haute société s’était placé près de la scène pour ne rien manquer du spectacle. Les faire-valoir se tenaient derrière en espérant un jour être au devant.
Derrière la balustrade, les saules pleureurs se prosternaient devant les juges en guise de grande piété. De vraies grenouilles de bénitier ces plantes là ! Ils arboraient leur air de sainteté. C’était sans doute les plus méchants de tous.
Les cèdres se plaisaient à faire une grande haie d’honneur pour la mise en accusation.
J’étais inquiet, car le jugement du peuple était sévère. J’entendais toutes les médisances. « Quel geste égoïste de se donner la mort ! Elle n’a pensé qu’à elle ! Si jeune ! Si faible! »
Pour son crime, je craignais un jugement exemplaire.
Dans une charrette tirée par des chevaux, je la voyais flotter à travers le feuillage des badauds qui espéraient assouvir leur haine.
Sa tête couverte de ses merveilleuses pétales blanches regardait le sol. De peine et de misère, elle tenait debout sur sa tige.
Elle pensait avoir enfin quitté ce monde qui l’avait abaissé à une moins que rien. Mais le sort s’acharnait sur elle. Elle devait à nouveau faire face aux mêmes personnes qui l’avaient poussée à en finir.
Arrivée à l’immense estrade, ou plusieurs juges attendaient avec indifférence sa plaidoirie, elle gravit lentement les marches. Le bouleau, avec le geste sec d’un bourreau, lui intima de se tenir debout devant ses juges.
Le Grand Ébène était le juge suprême. Il était reconnu pour ses décisions controversées.
Après les longues cérémonies protocolaires et la lecture de la mise en accusation ,c’était à ma tendre amie d’exposer sa défense.
De sa voix frêle, elle commença tremblotante à parler.
« Je n’ai jamais rien demandé de plus à la vie que le respect de ma différence. J’étais une fleur simple. Je cherchais l’amour de ma vie. On m’a jugé pour mon attitude réservée, raillé pour mon apparence et on s’est servi de moi pour toutes les tâches ingrates. »
Regardant la foule, elle cria pour une fois dans sa vie :
« Quand vous n'aviez plus besoin de moi, je n’existais plus. J’essayais de comprendre l’amour dans un monde ou il n’existait pas d’amour. J’ai finalement mis fin à mes jours lorsque celui que j'aimais m’a brutalisée pour son propre plaisir. »
Elle se mit à pleurer à chaudes larmes.
Un grognement de la foule monta. On ne sentait aucune compassion pour ma fleur. On voulait la châtier.
Après une brève délibération, le Grand Ébène se leva et imposa le silence.
Il regarda ma rose dans les yeux et pris une grande respiration. De sa voix calme et grave, il parla pour que tout le monde entende.
« Vous, demoiselle Rose, vous êtes ici pour être jugée pour un geste inacceptable que vous avez posé. Vous vous êtes suicidée ! »
La foule rugissait de bonheur. Le jugement serait sans pitié.
D’un seul regard, l’Ébène imposa à nouveau le silence.
Il la fixa longtemps sans rien dire.
L’atmosphère était lourde.
Son regard se transforma. Ses yeux s'arrondirent et un sourire très doux se dessina sur son visage.
« Ma jeune fleur…. La justice doit être appliquée. La justice en ce moment doit réparer une injustice que vous avez subie.
Votre grand cœur, votre incapacité d’être méchante envers les gens, votre grand désir de vivre de hautes valeurs que personne n’a voulu reconnaître, et surtout le mal que l’on vous a fait en ne respectant pas votre amour, je vous condamne à vivre dans le jardin de l’amour pour la fin des temps. »
La foule resta stupéfaite. Les éclairs dans leurs yeux, le peuple mitraillait ma jeune amie.
L’Ébène imposa encore le silence.
La colère dans le visage il discoura :
« Toutes vos consœurs qui ont subi la même injustice sur cette terre ont dans mon cœur une place privilégiée. On vous a volé votre vie. En guise de compensation, vous serez maintenant heureuse sous la protection du grand être suprême. Vous tous , les sans noms, je vous somme de vous taire et de respecter ceux qui ont souffert. »
Ma rose rayonnait. Elle me regarda du coin de l’œil, le cœur battant. Elle fut escortée avec grande déférence vers son paradis tant mérité.
Ce jour là, je fis la paix intérieurement.
Marc-Léopold
August 05 Le chêne et la rose
Un vieux chêne, las de la monotonie de la vie, régnait depuis des lunes dans une immense clairière. Son dense feuillage ne permettait plus aux plantes de germer à la base du tronc.
Seule les marguerites autour lui tenaient compagnie. Comme tout le monde le sait, les marguerites n’ont de plaisir qu’à se regarder entre elles et de se jalouser les unes et les autres. Quelle que soit la prestance de l’arbre, ces dernières ne lui prêtaient aucune attention.
Sans but ni joie, il se sentait si seul. Il savait qu’il ne lui restait que quelques années à vivre..
Un beau matin de mai, une petite tige commença à se pointer entre ses racines de surface. Intrigué par cette nouvelle venue, il se pencha pour mieux voir son invitée. Dans cette position, son feuillage augmentait l’écran solaire et coupait encore plus la luminosité
À son grand désarroi la jeune tige commença à pâlir.
Les jours suivants, il se recula pour ainsi permettre au soleil de faire son œuvre. La plante reprenait des forces. Riche de chlorophylle, la tige arbora, sur la pointe d’une de ses feuilles, un unique bourgeon tout chétif.
Pris d’affection par ce petit début de fleur, le chêne commença à se délester de quelques-unes de ses feuilles pour aider sa croissance.
Au début de l’été, une magnifique rose blanche s’ouvrit.
On voyait bien dans le regard du chêne qu’il l’a trouvait d’une beauté infinie.
Au début les deux échangèrent quelques courtoisies mais ce ne fut pas très long que l’amitié passa à l’affection et de l’affection à l’amour.
Le chêne se doutait bien que le plant de sa tendre amie ne survivrait jamais l’hiver à vivre dans un endroit aussi ombragé.
Il se dépouilla lentement et progressivement de ses feuilles.
À l’automne il n’était que branches.
Le rosier était maintenant fourni et vert luxuriant. La santé du plant sautait aux yeux.Sa pérennité était assurée.
Heureux, le chêne était rassuré.
L’été suivant, au milieu d’un champ de marguerites, trônait un grand chêne dénudé de ses feuilles. Plusieurs branches desséchées tapissaient le sol.
Un magnifique rosier enlaçait le tronc de l’arbre mort et des centaines de fleurs blanches collaient affectueusement le tronc.
Marc-Léopold
July 30 Foutus mots !!!
Foutus mots !
Éparpillés dans la pièce, ils ne veulent plus s'agencer.
« Radin » se sauve de « Partage » et « Haine » se moque d’« Amour ».
En fanfare , « Do » part la musique et « Crescendo » retient « Tintamarre ». Comme toujours, « Antagoniste » s’oppose.
Je les entends tous hurler les uns contre les autres..
« Virgule » prend à parti « Interrogation » qui confronte « Amoureuse » et « Gigolo ».
« Impatience » m’irrite.
« Curieux » examine « Timide » et « Bataille » se met à les bousculer.
« Exaspération » se lève et invective « Brouhaha ».
À bout, je sens « Folie » m’entraîner.
Finalement « Balaie » les houspille et les chasse au dictionnaire.
Imagination ! Reviens-moi….
July 27 Rencontre dans le parc
Cinquième journée à la voir se balader dans ce parc que je considère le mien.
Jeune, blonde ou plutôt châtain, teint pâle, yeux bleus, le regard au loin, elle marche le long du sentier sans me regarder.
Au premier coup d’œil, j’ai ressenti pour elle des sentiments que j’explique difficilement.
La lutte contre la montre, pour éviter d’atteindre mon âge vénérable, ne fait pas de moi un hédoniste bien racé et pourtant je me sens beau devant elle.
Ne pouvant me retenir, je pars à courir bêtement dans sa direction.
De mon air le plus tendre, je me place devant elle pour lui soutirer un petit sourire. Enjoué, je penche ma tête de coté en fixant ses yeux perçants.
À ma grande surprise, elle semble amuser par ma présence, mais en même temps je dirais impressionner par ma prestance.
L’éclair dans ses yeux traduit un sentiment plus profond.
N’écoutant que mon courage, j’approche mon visage du sien au point ou je sens clairement son parfum printanier.
Au loin, j’entends un cri.
Un sifflement, traduisant un sentiment de panique, transperce l’espace.
Ma jeune amie dresse la tête en direction de l’appel.
À la vitesse de l’éclair, aussi légère que l’air, la jeune « Golden Retriever » reprend le pas au coté de son maître.
Désillusionné, je m’assoie piteux, la tête basse, laissant mes oreilles pendre de chaque coté de mon museau. Quelle vie de chien ! July 18 L'inconnu...Loin de chez elle, la tête sortie de sa cachette, elle observe craintivement cet étrange être qui se balade dans son champ.
À chacun de ses mouvements elle plonge en catastrophe dans ce trou qui lui sert d’abris de secours.
Qu’elle idée d’avoir construit son nid dans cet amas de foin disposé dans un endroit aussi exposé. Pourtant l’idée lui semblait bonne, il y a quelques semaines. La chaleur de la décomposition des herbes valait bien un tel risque.
L’épaule tombante, l’humain traîne un lourd sac vert.
Catastrophe ! Il se dirige vers son nid !
Paniquée, elle sort de son trou et s’expose au grand jour. Assise sur ses pattes arrières, elle observe l’inconnu de ses yeux noirs bien ronds. Le nez au vent, elle renifle en agitant sans cesse ses longues moustaches.
À la vitesse de l’éclair, le dos voûter et la queue basse pour éviter le regard de l’intrus, elle court à travers les rigoles et les courtes herbes pour s’approcher de son chez soi.
Au pied de l’amas de foin, l’humain prend de ses deux mains l’étrange sac et l’ouvre. Le soulevant de toutes ses forces, le souffle court et dans un élan, il le saisit à bras le corps. Comme une tête qui se penche, le sac se replie et libère son contenu.
L’herbe fraîchement tondu recouvre sa demeure.
Surprise par tant de sollicitude, la souris envisage avec délice, pour les semaines à venir, de douces nuits de chaleur.
Marc-Léopold | ||||||||||||||